Vendredi 12 juin 2020 | 9h30-17h30 | Université Paris Diderot - Amphi Buffon

Organisée par Caroline Zéau (MCF UFR LAC)

Cette journée de débats publics, réunira professionnel·le·s du cinéma documentaire, chercheur·euse·s et étudiant·e·s pour réfléchir à l’actualisation des enjeux esthétiques et politiques du cinéma direct, interroger la vie des films et les conditions de travail des cinéastes qui en renouvellent les usages.

Le cinéma direct et après ?

L’esthétique du cinéma direct a pris pour objet les données de l’expérience de ses participant·e·s dont le témoignage audio-visuel fut rendu possible grâce aux potentialités du « groupe synchrone cinématographique léger » (Ruspoli) : portabilité, mobilité, enregistrement de la parole et du son synchrone in situ. Cette démarche a suscité des méthodes spécifiques – retour d’écoute, observation participante, improvisation, mise en scène par sélection, scénarisation au montage, feed-back – qui ont modifié durablement les usages techniques, les processus créatifs et les logiques de production dans le champ du cinéma documentaire. Dans les années 60, ces développements ont permis l’exploration des dimensions dialectiques de la technique cinématographique (son / image, flux / structure, direct /différé…) et l’interrogation du pouvoir de révélation du cinéma avec pour objectif un possible retour sur soi et sur l’histoire (la seconde guerre mondiale, la colonisation) et le questionnement d’un commun possible.

Alors que les techniques (aujourd’hui numériques) et les usages de mise en scène du cinéma direct sont devenus le langage commun du cinéma documentaire, que reste-t-il de l’utopie et des espoirs qui en ont suscité l’émergence ? Alors que chacun·e peut filmer avec son téléphone et diffuser instantanément ses images, qu’en est-il de cette volonté de porter à l’écran le destin de l’homme ordinaire? Et à l’heure de la « post-vérité », peut-on encore attendre de ce cinéma ancré dans le réel qu’il dise vrai ?

Vingt-cinq ans après le numéro de la revue Images documentaires qui posait cette même question (Le cinéma direct et après ?) à l’heure de la vidéo et de l’âge d’or du documentaire de télévision, nous souhaitons questionner l’actualité et la pertinence politique des développements contemporains du cinéma direct au cours d’un moment réunissant professionnel·les et chercheur·euse·s.

PROGRAMME

Matinée (9h30-13h30)

Introduction par Caroline Zéau

Points de vue croisés sur le cinéma direct

Trois binômes chercheur·eure/cinéaste dialogueront successivement, extraits de films à l’appui, sur une dimension du cinéma direct de leur choix et son actualisation. Intervenant·e·s envisagé·e·s:

Fréderique Berthet (Université de Paris) / Dominique Cabrera Vincent Sorrel (Université de Grenoble) / Boris Gerrets Caroline Zéau (Université de Paris) / Alice Diop

Après-midi (14h00-17h00)

Table ronde « Le cinéma direct et après ? »

Participant·e·s envisagé·e·s (panel provisoire) : Catherine Bizern (directrice Cinéma du Réel), Thierry Garrel (producteur et programmateur de documentaire La Sept/Arte), François Ekchajzer (critique Télérama), Maxence Voiseux (cinéaste et ancien étudiant du DEMC), Guillaume Morel (distributeur Survivance).

Modération : Frédérique Berthet (Université de Paris)

En guise de conclusion, dialogue public Jean-Louis Comolli et Caroline Zéau à propos de « Temps et contretemps à l’ère du numérique total » (Jean-Louis Comolli, éditions ENS) et « Le cinéma direct : un art de la mise en scène » (Caroline Zéau, éditions L’Âge d’homme).